Collectif indigène (bio)

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Désincarnés, 2010
Crayon gris sur papier aquarelle, 206 cm x 350 cm (88 dessins de 24 cm x 32 cm)
   
   
   
   
Désincarnés, 2011
Installation murale, fil lumineux bleu, 20 m, Ø 2.3 mm
L'incarné est la couleur de la peau, et en tant que tel, il contient la chair, l'original, l'origine et le sang.
L'incarné est un élément historique, mnémonique, vivant et empli de pulsations. Dans l'histoire de l'art, cette couleur a pu être utilisée autant pour peindre la vie que la mort, la résurrection et la consommation.
La virtualité est-elle une sorte d'incarnation temporaire de notre temps ? Ce que ces dessins «désincarnés» soulignent est exactement l'inverse. Une nécessité corpusculaire de représenter une aliénation «écranique».

L'image de l'animal virtuel, du jeu «Farmville» à la mode sur le social network Facebook, ne renvoie jamais à la réalité même de la bête, mais à une sorte d'image liquide du porc d'Orwell. Le jeu va bien au-delà de la condition politique de «La ferme aux animaux», pour nous projeter sur un plan néo-libéral d'amassement virtuel. L'animal virtuel possède son côté attachant via son image, sorte de logotype standardisé moche et gentillet.

Les dessins qui sont ici proposés sous forme de grande fresque, soulignent ce côté aliénant, en proposant une équivalence entre races comestibles, «logotypées» mais rendue poétiques par le crayon et l'effacement.
Paradoxe politique et sociologique, désincarner le virtuel est bel et bien le dessiner. Voilà donc quelques reproductions d'une fresque, qu'en poussant un peu au-delà de Baumann et de la modernité liquide, propose une vision gazeuse mais physique de cette iconographie post-contemporaine qui prend le large dans l'interstice étroit qui est entre le mot et la chose.